PEKIN 2008 : y aller ou pas ?
Boycott ou pas ?
Sur cette question je voudrais donner mon sentiment.
Il est difficile de répondre par la positive ou la négative de façon simple. Il faudrait revenir à la source, c'est-à-dire au choix fait par le CIO (Comité International Olympique) en juillet 2001 sur le fait d’accorder l’organisation des jeux 2008 à Pékin.
Ce jour là en France, le Président de la République de l’époque (Jacques Chirac, pour ceux qui l’auraient déjà oublié !) se désolait de voir Paris échouer. Mais pas un mot sur le choix de Pékin ! Pas un regret (même minime soit-il) sur le fait que cette grande organisation qu’est le CIO d’avoir choisi une dictature pour faire briller l’esprit olympique sur la planète.
Mais dans l’histoire du sport, j’aimerais rappeler que des évènements ont eu lieu dans d’autres dictatures. Je pense aux Jeux de 1936, à Berlin, pendant l’ascension d’Hitler et à la Coupe du Monde de Foot de 1978 pendant la dictature des généraux argentins.
Pour 1936, alors que les bruits de bottes se faisaient de plus en plus bruyant, la France se voyait doter d’un gouvernement de Front Populaire. Ces JO donneront aussi quelques sueurs froides à l’entourage des sportifs français. Certains d’entre eux n’ont pas défiler à la cérémonie d’ouverture (l’équipe de boxe) pour ne pas avoir à faire le salut nazi.
C’est aussi au cours de ces JO qu’explosa l’athlète noir américain Jesse Owens. Quel plus beau bras d’honneur que de voir ce sportif défier le régime hitlérien qui prônait la supériorité de la race blanche !
En 1978, ce fut une publicité pour les généraux tortionnaires d’Argentine que de remettre la Coupe du Monde à leurs joueurs de foot.
Là aussi, il n’y a pas eu de sentiment de révolte. Surtout que la France revenait à cette compétition. Elle n’avait pas participé à la précédente.
Le fait de boycotter les JO 2008 à Pékin serait-il bienvenu ? Je ne le pense pas. Au contraire, les athlètes (qui pour la plupart d’entre eux se préparent depuis 4 ans) seront un formidable moyen de pouvoir penser aux droits fondamentaux des hommes et des femmes de ce pays.
Je pense que comme les athlètes américains de 1968 (qui levèrent le poing pendant l’hymne national) il existe des moyens de révoltes sur place.
Pourquoi nos athlètes ne brandiraient-ils pas le drapeau tibétain pendant la cérémonie d’ouverture ?
Et comme dit Stéphane Diagana « on ne peut faire taire un athlète si il veut parler des Droits de l’Homme, même aux JO ! »
Alors ma réponse est : ALLONS-Y ! PARLONS !
Cette dictature ne pourra tous nous faire taire.